La Sebkha d’Imlili

La sebkha d’imlili

Introduction

Au sud de Dakhla, une dépression ocre ponctuée de trous d’eau turquoise abrite des poissons… en plein Sahara. Bienvenue à la Sebkha d’Imlili, un écosystème aussi fragile que fascinant.

Où se situe la Sebkha d’Imlili et comment y accéder ?

La Sebkha d’Imlili se trouve dans la région de Dakhla-Oued Ed-Dahab, à l’intérieur des terres, à plus de 10 km de l’océan Atlantique. Depuis la ville de Dakhla, compte environ 130 km (1h30 à 2h de route selon les conditions) pour atteindre le site en véhicule adapté.

Comment s’est formée la sebkha : géologie et hydrologie

Une “sebkha” est une dépression désertique au sol salé, vestige d’anciens milieux lagunaires/estuariens. Celle d’Imlili s’étire sur environ 12 km par 3 km et renferme plus de 160 poches d’eau salée à hypersalée. Ces poches sont alimentées par la nappe phréatique et, plus ponctuellement, par des apports de surface lors d’épisodes pluvieux dans un bassin endoréique.

Un écosystème unique : poches d’eau, poissons et microfaune

Dans ces “trous” d’eau vivent des organismes euryhalins (tolérant de fortes salinités), dont un cichlidé identifié comme Coptodon guineensis (tilapia guinéen) — une population relicte qui a survécu aux changements climatiques sahariens.

On y observe aussi crevettes, escargots et une petite faune terrestre associée. Des travaux récents ont même documenté la diversité des fourmis de la sebkha, soulignant son rôle d’“île” de biodiversité en plein désert.

Pourquoi le site est-il si rare ?

La Sebkha d’Imlili est un “relique” d’un ancien système aquatique saharien : un patchwork de poches hypersalées isolées mais connectées lors de crues épisodiques. Ce fonctionnement en métapopulation contribue à la résilience des poissons : si une poche s’éteint, d’autres la recolonisent lors des inondations. Cette combinaison — désert extrême, hypersalinité, faune relicte — explique l’intérêt scientifique et la valeur patrimoniale du site.

Statut de protection, menaces et conservation

La Sebkha d’Imlili est inscrite depuis 2018 sur la Liste de Ramsar des zones humides d’importance internationale. Les menaces pointées par la littérature incluent le surpâturage, les espèces invasives et une fréquentation touristique non encadrée. Des ONG et institutions plaident pour un tourisme responsable et des mesures de gestion adaptées.

Conseils de visite responsable

  • Privilégier les températures clémentes (hors pics de chaleur) et l’accompagnement par un guide local.
  • Rester sur les pistes et éviter de piétiner les berges friables des poches d’eau.
  • Ne pas nourrir ni manipuler les poissons : ne rien jeter dans l’eau.
  • Zéro trace : emporter tous ses déchets, limiter le bruit et respecter la quiétude du site (principes alignés avec l’esprit des sites Ramsar et les recommandations locales).

En bref : FAQ rapide

Qu’y voit-on ? Des poches d’eau salée/hypersalée, parfois d’un vert profond, abritant Coptodon guineensis et d’autres organismes adaptés.
Combien de poches ? Plus de 160 dans la partie nord du site.
Pourquoi c’est unique ? Un “laboratoire naturel” de résilience en climat hyperaride, avec une faune relicte dans un réseau de poches connectées par épisodes.
Y a-t-il des règles particulières ? Oui : site fragile → visite encadrée, pas de baignade ni d’alimentation des poissons, respect strict des lieux.

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